Présentation

Sallinger de Bernard-Marie Koltès
Date(s) : du 11 sep 2017 au 18 déc 2017
Lundi
à 19h
Durée : 1h45

Bernard-Marie Koltès / Léa Sananes

Une chose sûre, il n’était pas mené par Dieu, mais pas plus par le Diable.
Bob Dylan

À New-York, une famille voit sa vie se transformer en cauchemar : le fils prodige, surnommé Le Rouquin, se suicide sans raison apparente… Alors que les Etats-Unis entrent de nouveau en guerre, cette famille se trouvera, à l’image de son pays, projetée dans sa propre violence.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Un jeu tout en souplesse, en félinité, en élégance contenue ou encore en gracilité. / Atlantico - 03/10/2017 - Serge Bressan

Emotions à fleur de peau. Un très beau texte, onirique, cru et cruel où l’intimité se dévoile, bousculée par les sentiments. La mise en scène privilégie l’émotion. / Spectatif - 03/10/2017 - Frédéric Pérez

Un beau travail d’interprétation d’un sombre texte de Koltès. Une très belle intensité. / L'Alchimie du verbe - 11/10/2017 - Raf

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs / Collectif Rocking-Chair

Multimédia

Notes & extraits

NOTE DU METTEUR EN SCÈNE

Sallinger apparait comme un espace de jeu/je où les personnages se battent pour la reconnaissance de leur individualité. Or, lorsque la pièce commence, eux-mêmes ne savent plus qui ils sont. C’est alors que surgit, au carrefour du rêve et de la réalité, l’issue de cette guerre spirituelle où mots et sens semblaient se confronter pour toujours.

Il s’agit d’une question…

Et nous qui cherchions des réponses.

Au commencement était la mer/mère. Mais une mer entièrement fortifiée ; si bien qu’elle en vint à étouffer la vie qu’elle protégeait entre ses murs.

Ces murs sont ceux de New-York, labyrinthe fantôme où dansent les fantasmes qui sommeillent en nous. New-York ronfle mais ne dort jamais, elle tire sa puissance vampirique de ses propres acteurs dont elle pompe l’énergie. À son image, Sallinger est sans repos. Koltès y étire inlassablement ses personnages élastiques jusqu'à ce qu'ils craquent.

SI CETTE OEUVRE AVAIT UN MOUVEMENT CE SERAIT CELUI DE L'ÉPUISEMENT.

Nous tous, témoins de cette Histoire sans fin, nous touchons du doigt l’éternité.

Léa Sananes

EXTRAIT

LESLIE (s'arrêtant brusquement de marcher). - Parfois, il me vient l'envie d'aboyer, de sortir mon flingue et de tirer la dedans, il me vient l'envie bizarre de casser les vitres, de sauter par la fenêtre, et de courir dehors jusqu'à ce qu'il se trouve quelqu'un sur mon chemin, quelqu'un que je prendrais par le bras, que je secouerais un peu pour lui faire perdre son air ahuri ; quelqu'un que je m'approprierais pour toute la soirée ; quelqu'un à qui dire : "Ne craignez rien, laissez-vous faire ; vous avez en face de vous un être qui veut seulement entendre une autre respiration, écouter un autre coeur qui bat ; j'ai cassé toutes les vitres et sauté par la fenêtre pour pouvoir toucher un autre être ; c'est un désir qui me prend certains soirs comme ce soir. Vous n'avez en face de vous qu'un esprit trop profond pour rester seul et enfermé". (Temps) Ainsi, quand le Rouquin est mort. Prenez votre frère préfère, le préféré de tous parce-qu'il est supérieur à tous ; pas supérieur parce-qu'il est mort - ne nous croyez pas si naïfs -, supérieur dès son vivant, le Rouquin ; supérieur comme il sera difficile de vous le faire comprendre. En un mot - comprenez si vous le pouvez, comprenez si vous le voulez -, le Rouquin, c'était la tête la plus étrangement faite, la plus particulière que l'on a jamais connue.

(Sallinger, Bernad-Marie Koltès, II)