Phedre

Jean Racine

Présentation

Phedre de Jean Racine
Date(s) :
du 4 mai 2017 au 2 sep 2017
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 21h30
Durée : 2h15

Pour mieux te résister j’ai recherché ta haine
(Jean Racine)

Phèdre, seconde femme de Thésée, roi d’Athènes, éprouve un amour criminel pour Hippolyte, le fils de son époux ; tel est le fatal secret que lui arrache, après bien des prières, Œnone, sa nourrice. Au moment où elle vient de faire ce cruel aveu, Thésée est absent et bientôt le bruit de sa mort se répand dans Athènes. C’est Phèdre elle-même qui vient annoncer cette triste nouvelle à Hippolyte ; dans cette entrevue, sa tête s’égare et elle lui fait l’aveu de ses coupables sentiments.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs /Compagnie Bernard Belin

Notes & extraits

…Au reste, je n'ose encore assurer que cette pièce soit en effet la meilleure de mes tragédies. Je laisse aux lecteurs et au temps à décider de son véritable prix. Ce que je puis assurer, c'est que je n'en ai point fait où la vertu soit plus mise en jour que dans celle−ci. Les moindres fautes y sont sévèrement punies ; la seule pensée du crime y est regardée avec autant d'horreur que le crime même ; les faiblesses de l'amour y passent pour de vraies faiblesses ; les passions n'y sont présentées aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause; et le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difformité.

C'est là proprement le dut que tout homme qui travaille pour le public doit se proposer, et c'est ce que les premiers poètes tragiques avaient en vue sur toute chose. Leur théâtre était une école où la vertu n'était pas moins bien enseignée que dans les écoles des philosophes. Aussi Aristote a bien voulu donner des règles du poème dramatique, et Socrate, le plus sage des philosophes, ne dédaignait pas de mettre la main aux tragédies d'Euripide. Il serait à souhaiter que nos ouvrages fussent aussi solides et aussi pleins d'utiles instructions que ceux de ces poètes. Ce serait peut−être un moyen de réconcilier la tragédie avec quantité de personnes célèbres par leur piété et par leur doctrine, qui l'ont condamnée dans ces derniers temps et qui en jugeraient sans doute plus favorablement, si les auteurs songeaient autant à instruire leurs spectateurs qu'à les divertir, et s'ils suivaient en cela la véritable intention de la tragédie.

Préface de Jean Racine

Phèdre est la pièce la plus souvent montée car c’est le chef d’oeuvre de Jean Racine et quand on trouve une Phèdre, on n’hésite pas une seconde. Quand l’occasion, l’opportunité se présente cela devient une évidence.

J’aime le vers racinien et tout particulièrement la musicalité de Phèdre, ainsi que l’équilibre des personnages qui sont des duos contradictoires, l’action et ses rebondissements, la profondeur de l’idée de l’auteur qui nous parle merveilleusement de passion.

Ayant épuisé tous les thèmes que sont ceux du pouvoir (politique, amour, etc), il traite là de la passion dans sa nudité la plus folle et la plus pure.

Le choc de Phèdre à proprement parler vient du fait que selon sa condition de reine, de femme, ayant des obligations de conduites morales, celle-ci se laisse peu à peu glisser - avec volonté- dans un abandon entier, intérieur vers sa passion pour son beau-fils Hippolyte. Elle choque par cette liberté car elle ose transgresser tous les dogmes de sa condition et le dit sans pudeur à Hippolyte «La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte». Ainsi Phèdre fût, reste, et restera une contemporaine au-delà du temps et de l’espace.

Le retour à l’épure, à la sobriété, à l’intériorité, avec la musicalité des vers dans la plus pure tradition racinienne. La modernité du comédien doit passer essentiellement par un jeu de vérité, par la sincérité des sentiments et il n’est besoin de rien d’autres.

Bernard Belin

« Quand tu sauras mon crime et le sort qui m’accable,
Je n’en mourrai pas moins, j’en mourrai plus coupable » Acte 1 scène 3

« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue, un trouble s’éleva dans mon âme éperdue » Acte 1 scène 3

« Le jour n’est pas plu pur que le fond de mon coeur » Acte 4 scène 2