Depuis que je t'aime, ma solitude commence à deux pas de toi.

Présentation

Ondine de Jean Giraudoux
Date(s) :
du 7 juil 2016 au 30 juil 2016
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 12h55
Durée : 1h47

Ondine, fille des eaux, vit chez un modeste couple de pécheurs où le chevalier Hans fait un jour escale. Ondine tombe sous son charme et lui, oublie Bertha, sa fiancée et la demande en mariage. Le roi des ondins la prévient : Hans la trompera, ce qu’elle refuse de croire. Au nom de leur amour elle accepte un pacte: si Hans la trompe, il sera tué. Après leur lune de miel, Hans veut faire découvrir le monde des hommes, ainsi que ses parents, à sa jeune épouse lors d’une réception. La reine connaissant l’accord passé avec le roi des ondins, demande à Ondine de sauver Hans. Elle propose alors à Bertha de vivre avec eux, ce qui permettra à Hans de l’aimer en secret. Six mois plus tard, le mariage des deux anciens amants se prépare, car ce dernier croit qu’Ondine l’a trompé avec le jeune Bertram. La vérité éclate: Hans a trompé Ondine en premier et pour le sauver elle a fait croire à son infidélité. Hans doit alors mourir et Ondine perdre la mémoire pour toujours. Au seuil de la mort, ils se rendent compte qu’ils s’aiment vraiment mais il est trop tard

Informations sur le lieu

Cour du Barouf

La presse en parle

Le metteur en scène Gwenhaël de Gouvello a su adapter le texte en préservant ses qualités littéraires. Les comédiens jouent avec plaisir, générosité et talent. / La Provence

Les onze comédiens font admirablement vivre le texte de Jean Giroudoux. Gwenhaël de Gouvello signe une mise en scène dynamique et originale. Majestueux travail de la Compagnie Catogan. / Vaucluse

Distribution

Coréalisation Les déchargeurs / Le Pôle diffusion, en accord avec la Cie du Catogan

Avec le soutien du Conseil général des Hauts-de-Seine, de la Ville de Versailles, de la Fondation Jean Giraudoux

Spectacle créé en collaboration avec le Théâtre Montansier, le Théâtre Alexandre Dumas, le Théâtre de Fontenay le Fleury et le Mois Molière

Avec le soutien de :

Multimédia

Notes & extraits

Après avoir mis en lumière les langues singulières d'auteurs d' hier et d'aujourd'hui, j'ai eu l'envie de poursuivre mon travail avec une langue d'âpreté et de lyrisme. Celle d’Ondine. Pour ce poète c’est d’une lutte intérieure que sont nés les premiers drames. Il est capable d’inscrire ses déchirements intérieurs dans une pensée du monde plus globale. Ainsi, son drame intérieur individuel, s’il est toujours présent dans ce conte fantastique, est désormais l’ingrédient d’un drame plus grand : un drame de l’Humanité. Giraudoux lui-même héros de la guerre 14-18, écrit cette histoire à la veille de la guerre mondiale au moment même où l’être a un besoin d’humanisme et de tolérance.

Douze comédiens sur le plateau, mis en lumière par des vitraux. Ces faisceaux de lumière semblables aux lieux de cultes traverseront la scène et formeront un éclairage féerique et majestueux, évoquant ainsi le mystère et la puissance du lac …

Bien que souhaitant laisser la pièce dans le contexte de l’époque, nous avons procédé à un allégement du texte, afin de le rendre plus perceptible aux spectateurs d’aujourd’hui. Il s’agissait d’en garder l’élégance et la particularité, tout en évitant une certaine prolixité habituelle aux œuvres de cette époque. Nous avons resserré certaines scènes, coupé d’autres, éclairé les phrases un peu obscures en respectant au mieux la magie poétique qui émane de cette langue si personnelle.

Si on a souvent parlé d'Ondine comme un être extrêmement sensible, on a oublié de montrer la puissance dévastatrice du désir d’aimer et d'être aimé

Gwenhaël de Gouvello

Ondine : Moi, on m’appelle Ondine.

Hans : C’est un joli nom.

Ondine : Hans et Ondine, c’est ce qu’il y a de plus joli comme noms au monde n’est-ce pas ?

Hans : Ou, Ondine et Hans.

Ondine : Oh non ! Hans d’abord, c’est le garçon. Il passe le premier, il commande, Ondine est la fille, elle est un peu en arrière. Elle se tait.

Hans : Elle se tait ! Comment diable s’y prend-elle ?

Ondine : Hans la précède partout d’un pas, aux cérémonies, chez le roi, dans la vieillesse. Hans meurt le premier. Ah, aha, c’est horrible, mais Ondine le rattrape vite, elle se tue.

Hans : Que racontes-tu là ?

Ondine : Il y a un petit moment affreux à passer. La minute qui suit la mort de Hans, mais ce n’est pas long.

Hans : Heureusement cela n’engage à rien de parler de la mort à ton âge.

Ondine : A mon âge ? Tuez-vous pour voir, vous verrez si je ne me tue pas.

Hans : Jamais je n’ai eu moins envie de me tuer.

Ondine : Dites-moi que vous ne m’aimez pas, vous verrez si je ne me tue pas.

Hans : Tu m’ignorais voilà un quart d’heure et tu veux mourir pour moi ! (…)