Les Bêtes

Charif Ghattas

Présentation

Les Bêtes de Charif Ghattas
Date(s) :
du 6 juil 2016 au 28 juil 2016
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
à 16h30
Durée : 1h30

Comme d'habitude après une soirée arrosée, un couple de nantis blasés s'adonne à la critique de leurs invités. Paul, ivre, fait preuve d'un cynisme coup de poing et d'une lucidité glaçante tandis que Line, arbitrairement prise à partie par son mari, se défend comme elle peut en proposant de demander l'avis d'un tiers. Au hasard, la seule personne présente dans la rue à une heure avancée de la nuit: un sans abri prénommé Boris allongé devant une bouche de métro.

Informations sur le lieu

Théâtre des Halles - Avignon
Théâtre des Halles
rue du Roi René
84000 Avignon

La presse en parle

Les spectateurs sont d'emblée fascinés par ces trois bêtes de scène...Alain Timár crée une fois encore un spectacle parfait. / La Provence

La mise en scène et la scénographie d’Alain Timár, comme d’habitude, brillent par leur pertinence. Les comédiens sont remarquables. / La Provence

Alain Timár, a extrait la quintessence de ce beau trio d'acteurs. / La Marseillaise

Une superbe interprétation, une scénographie tirée à quatre épingles / Le Vaucluse

Distribution

Texte :
Mise en scène :
Musique :
Lumières :
Assistant décors :
Décors :
Assistant mise en scène :
Crédit Photo Visuel :

Théâtre des Halles – Compagnie Alain Timár en accord avec Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion

Le Théâtre des Halles – Cie Alain Timár est soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication (D.R.A.C. Provence-Alpes-Côte d’Azur), le Conseil régional Provence-Alpes- Côte d’Azur, le Conseil départemental de Vaucluse et la Ville d’Avignon.

Le Théâtre des Halles - Cie Alain Timár remercie Bénédicte Simon pour la confestion des robes

Multimédia

Dossier de presse
Dossier de presse

Notes & extraits

MOT DE L'AUTEUR

Les Bêtes, satire sociale, sur ce que nous sommes au monde, enfermés dans des cases, des boîtes, dans de minuscules agencements d’une misère épouvantable, incapables de transcendance mais seulement de transhumance.
Il est question de la barbarie. De sa cruauté.
Il est question de la solitude et du vertige qui l’entoure.
Il est question de la frontière entre la réalité et son absence.
Il est question, non pas du temps qui passe, mais des êtres qui passent dans le temps.
Il est question de la maladie de la consommation.
Et il en est question jusqu’à l’anéantissement de tout ce qui empêche l’homme d’être un barbare.
Il est question de la société et de ses codes et de ses masques et de ses sectes et de ses boîtes plongées dans une obscurité infinie.
Il est question de la nausée.
Il est question d’amour et d’édifice. Et il est question de colonnes en plâtre soutenant un édifice en carton qui s’écroule.
Il est question d’une interrogation qui suppose une déclinaison de sous interrogations, qui elles mêmes en supposeront d’autres encore. Cette interrogation c’est : que sommes-nous au monde ?
Voilà à peu près de quoi il peut être question ici. Pourtant, bien au-delà de tout ce à quoi Les Bêtes a attrait, de près ou de loin d’ailleurs, la seule chose que je peux affirmer, c’est qu’il s’agit très concrètement de Paul, de Line et de Boris qui se racontent des choses et qui vivent des choses, eu égard à leur rencontre, leur expérience, leurs aspirations, leurs désirs, leur histoire. C’est de leur vertige à eux qu’il est question. De leur solitude à eux. De leur barbarie à eux. De la façon qu’ils ont eu de passer dans le temps, de s’y perdre, de s’y oublier, de s’y répéter, comme dans un labyrinthe, ou comme dans la salle de jeu d’un casino où jamais vous ne verrez d’horloge accrochée aux murs. Les concernant, je ne dispose pas de données biographiques, et pourtant ils sont là, et ils parlent. Ma tâche consiste à les explorer avec une attention et un dévouement tout particulier. Peut-être représentent-ils un monde plus global, mais il n’empêche, ce sont eux et eux seuls qui ici posent la question : moi Paul, moi Line, moi Boris, que suis-je au monde ?

Charif Ghattas

EXTRAITS

Line. Très bien, tu ne vois le rapport que lorsque ça t’arrange de le voir. Réveiller un clodo dans la rue, ce n’est pas humain, mais pomper les richesses d’un pays où les gens n’ont pas d’eau pour se laver ni boire et rien à bouffer, ça n’a rien à voir, c’est le travail. C'est bien comme ça que ça se passe là-haut.

Paul. Allez, tu en penses quoi ? Au fond ?
Line. Au fond ?
Paul. Si tant est qu’il y ait un fond.
Line. Et ben au fond, je la trouve…
Paul. C’est une idiote, Line. Ça s’appelle une idiote.
Line. Alors elle c’est une idiote et son mari est un enculé.
Paul. C’est ça.
Line. C’est gai.
Paul. C’est comme ça.
Line. Une idiote et un enculé, donc.
Paul. Voilà.
Line. Et nous alors ?
Paul. Comment ça, nous ?
Line. Qu’est-ce qu’on est ?
Paul. Quelque chose comme ça.
Line. Quoi ? Moi une idiote et toi un enculé ?
Paul. Ou l’inverse.

Boris. Hein ? C'est une plaisanterie ? Un canular ?... Mais oui c'est une plaisanterie que vous me faites... Je le savais. Je me suis tout suite rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond.
Paul. Tu t'en es rendu compte, hein ?
Boris. Oui, mais tu avais l'air tellement remonté. Tu avais l'air tellement...
Paul. Sérieux.

Paul. Je ne comprends pas, on a pourtant passé une bonne soirée. C’était agréable, on a bien ri, et toi, tu viens m’emmerder avec des questions morales… Je t’ai simplement fait remarquer qu’on ne connaît que très mal les personnes qui étaient ici.