L’Armée du bonheur

Cabaret absurde et pas seulement

Présentation

L’Armée du bonheur de Mickael Délis
Date(s) : du 4 juin 2013 au 4 juil 2013
Mardi
Mercredi
Jeudi
à 21h30
Durée : 1h20

1h12 de joie avec, entre autres, une kurde, trois homosexuels et une ex championne de GRS.

Enée, jeune idéaliste contemporain et sa bien nommée Armée du bonheur offrent une succession de numéros qui déclinent le bonheur sous toutes ses formes : chants d’allégresse, discours d’extase et danses de transe.
D’aucuns pourraient voir poindre ici les germes d’une dictature déguisée, mais à ceux là l’Armée répondra qu’une dictature de la joie ne peut être sincèrement considérée comme une dictature ?
Et plus personne n’osera faire le malin devant tant de bon sens.
Alors viens t’amuser avec nous. Dut-il t’en coûter la vie.
NB : La production se décharge de toute responsabilité relative à la possible déception de l'audience.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Inattendu et pertinent / Télérama

Distribution

Coréalisation Les Déchargeurs / Cie passages

Multimédia

 
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Notes & extraits

LE MOT DE MICKAEL DÉLIS

A travers ce projet, j’aimerais donner à voir avec humour, folie, et exigence une réflexion sur le bonheur, ce qui a été fait de cette idée, comment elle a été récupérée par la sphère politique, médiatique et sociale là où elle n’était à l’origine qu’un concept philosophique. Aussi m’intéressait-il de voir ce sur quoi, poussée à l’extrême, la poursuite de ce même bonheur pourrait déboucher.
Il s’agit en fait d’interroger la forme totalitaire ou totalitariste, à travers un concept qui par essence lui est antinomique et qui semble invalider toute démarche idéologique.
Seulement, dès lors qu’une idée - si noble, poétique, et humaniste soit elle - est rattrapée par un énoncé doctrinal, elle se trouve prise au piège de son propre discours et de sa sémantique première. Ainsi le bonheur invoqué comme système finit-il par perdre sons sens et par créer du malheur au nom de sa propre survie ; n’étant peut être qu’une utopie et n’ayant de valeur que tant qu’il demeure utopique.
Je souhaiterai mettre en lumière cette tension entre l’idée la plus pure qui soit – le bonheur – et le système le plus pervers qui existe – la dictature ou le militarisme de la pensée, le tout derrière une forme furieusement décalée, absurde et autocritique. Confronter tout cela sur scène par l’entremise d’un groupuscule d’illuminés, aveuglés par leur louables intentions me semble être à la démesure de ce que le théâtre offre de produire.

Au-delà de la réflexion, un engagement total du corps et de la chair grâce au format atypique choisi : le cabaret
La forme du cabaret – et les détournements qu’elle finira par subir – offre l’opportunité d’incarner pleinement et sous de multiples facettes le riche paradoxe sous tendu par le propos. Le sens est ainsi rejoint par la forme théâtrale pure - le danseur en jeu, le chanteur en mouvement ou le comédien en musique - tous les talents et toutes les expressions sont réunis pour ramener l’idée dans la chair, le propos dans le rythme et le concept dans le mouvement. Le corps de l’acteur, du chanteur, du comédien devient aussi signifiant que la parole convoquée.
Il n’est pas question, dans la mise en scène souhaitée, de rendre le propos intelligent et d’écraser le spectateur d’une réflexion par trop intellectuelle, mais bien au contraire de susciter cette même réflexion par le biais détourné du numéro, du spectacle, du show, de ce qui en définitive pourrait apparaître comme du divertissement pur et n’être appréhendé que comme un objet ludique.
Ainsi, la diversité permise par la forme particulière du cabaret doublée de la dimension éminemment absurde de l’écriture confronte l’Armée du Bonheur à autant d’expressions dont la richesse se révèle à travers leur complémentarité.

L’humour comme vecteur principal de la réflexion
L’humour enfin. A lire ces lignes, il serait peut être à redouter que tout cela ne prenne un tour un peu trop sentencieux, mais la pièce, par son écriture et la forme particulière prévue fait aussi, voire surtout, la part belle à l’humour l’ironie et le cynisme.
L’Armée du Bonheur est avant tout un détournement délirant du champ politique, de ses méthodes et de son discours. Les héros de la pièce demeurent des figures éminemment théâtrales, excessives, déroutantes et drôles. Les paroles des chansons, l’esthétique pop et kitsch, et l’absurde qui préside à la structure et à l’écriture du projet ne vont que dans ce seul sens. Le rire m’apparaît comme le meilleur moyen de s’attaquer à des problématiques plus ou moins lourdes et d’activer le rapport au spectateur.

Enfin et surtout, l’équipe
J’ai prévu pour ce projet de faire appel à 8 artistes, dont 4 danseurs et 3 chanteurs. La force du nombre, la dynamique du groupe nourrie par des comédiens avec qui je travaille depuis longtemps et enrichie par d’autres, nouveaux, sont un élément essentiel à la création de ce projet.
Le défi de créer une nouvelle harmonie, de ne pas frustrer les talents de chacun et de voir entre autre les danseurs faire danser les comédiens, les comédiens faire jouer les danseurs, me ravit autant qu’il me stimule.