J'ai désiré et provoqué ma chute

Géraldine Ranouil

Présentation

J'ai désiré et provoqué ma chute de Géraldine Ranouil
Date(s) :
du 1 déc 2016 au 21 déc 2016
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 21h30
Durée : 1h30

Je voulais m’approcher des dieux, mais j’ai rencontré une femme

Un homme décide de rétablir la vérité sur sa légende. C’est un écrivain célèbre. Il est mort. Il s’appelle Francis Scott Fitzgerald. L’action se déroule en dehors de toute notion d’espace et de temps, la scène permettant sa résurrection. Et c’est sur cette scène que Francis Scott Fitzgerald déroule un moment suspendu entre la vie et la mort, une nouvelle chambre ardente, dans laquelle défilent l’amour, et les démons. Francis Scott Fitzgerald nous apprendra que l’écriture peut sauver du désespoir.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

Distribution

Mise en scène :
Comédien(s) :
Crédit Photo Visuel :

Coréalisation Les Déchargeurs / Géraldine Ranouil

Notes & extraits

A l’origine, il y a le désir de la mise en scène. L’écriture est venue ensuite. « J’ai désiré et provoqué ma chute », c’est avant tout la puissance émotionnelle d’un acteur, face au rapport intime et direct de la scène, sans aucun artifice.

Un homme décide de rétablir la vérité sur sa légende. C’est un écrivain célèbre. Il est mort. J’ai eu envie d’utiliser les codes du théâtre afin de situer l’action en dehors de toute notion d’espace et de temps. Le spectateur accède ainsi à une nouvelle réalité, moderne et actuelle. L’histoire se passe maintenant, sur la scène. Et c’est sur cette scène que FRANCIS SCOTT FITZGERALD déroule un moment suspendu entre la vie et la mort, une nouvelle chambre ardente, dans laquelle défilent l’amour, et les démons. Car FRANCIS SCOTT FITZGERALD nous apprendra que l’écriture, bien avant la lecture, peut sauver du désespoir.

Stéphane Hohn est FRANCIS SCOTT FITZGERALD. Il s’est imposé avec évidence car il possède la force, la fragilité et la transparence nécessaires à la construction du personnage. Je ne recherche pas l’incarnation, mais la réalité de l’écrivain, je veux que l’acteur soit le personnage. Que la scène nous permette la magie de cette rencontre. Et que cette rencontre soit puissante et violente et frontale et mélancolique. Stéphane Hohn nous révèle l’inconscience et le génie de l’écrivain. Je veux que l’on voie des flèches lui transpercer le cœur. Que sa vulnérabilité et sa sincérité nous bouleversent, que son amour – car c’est bien ce dont il s’agit ici, de romantisme - nous envahisse, qu’il nous emporte et nous révèle ! Que le spectacle ne nous laisse pas intacts. Je ne désire en aucun cas la représentation d’une époque révolue, mais l’incarnation d’une réalité. Que cette réalité se passe aujourd’hui, par l’intemporalité de la scène, et que la modernité de l’écrivain éclate ! Que la légende explose et que la vérité soit rétablie. FRANCIS SCOTT FITZGERALD ne recherchait pas la gloire, il poursuivait l’amour. Est-ce un crime ?

Le spectacle se caractérise par sa simplicité. Il n’y a aucun élément de décor, aucun accessoire. La scénographie est constituée de trois panneaux assemblés en toile de fond – redéfinissant les contours d’une scène plus étroite - l’idée étant de suggérer l’enfermement de l’écrivain. Une valeur métaphorique symbolisant l’imagination et l’intime de la boîte crânienne de FRANCIS SCOTT FITZGERALD. Une zone de réception sensible, qui situe l’acteur dans l’espace, et laisse ouvert le champ d’action. Il y aura, à plusieurs reprises, sur les panneaux, des projections de films. Un gros plan sur le visage d’une femme, sur des mains, un paysage... Instants évocateurs du passé, déclencheurs de mélancolie, de joie ou de violence. Ces pastilles seront muettes, car ici, il n’y a que l’écrivain qui maitrise les mots. Et c’est l’acteur qui possède la parole, il est l’action du monodrame.

Enfin, interviendront des éléments sonores. Mais ils ne sont pas musicaux, ce sont des ambiances - un bruitage, parfois une cacophonie. A la fin du monodrame un son strident, sans doute désagréable, nous signifie la mort brutale du personnage. Mais cette mort permet sa résurrection. Et le pouvoir de la scène rend cette résurrection immédiate. Elle conclut le spectacle sur un FRANCIS SCOTT FITZGERALD apaisé, différent. Dans la lumière. Il a désormais la distance nécessaire. La lutte a été dure, mais il a vaincu ! Il est devenu éternel.

Géraldine Ranouil

« Parler de moi en tant qu’homme tout en oubliant l’écrivain, c’est la pire insulte que l’on puisse me faire. Mais le fait est. Mon écriture est devenue accessoire. Comment est-ce que j’en suis arrivé là, je n’en ai absolument aucune idée. Je marchais droit devant, suivant la route que je m’étais tracée, la gloire à mes côtés, pensant qu’elle durerait toujours. Lorsque soudain je me suis arrêté et j’ai regardé autour de moi. Tout s’était envolé. La reconnaissance. L’inspiration. L’amour. La splendeur. L’argent. Il ne me restait rien. Je n’étais plus un écrivain. J’étais redevenu un homme, personne. »