Haute-Autriche

Franz-­Xaver Kroetz

Présentation

Haute-Autriche de Franz-­Xaver Kroetz
Date(s) :
du 5 nov 2015 au 6 déc 2015
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
à 19h30 Dim.15h
Durée : 1h20

Heinz : Faut savoir se débrouiller. Si j’ai beaucoup d’argent, parce que je suis un homme riche, alors je peux avoir dix enfants et ça entre pas en ligne de compte.

Anni : Tout le monde peut pas être riche, c’est pas possible.

C’est l’histoire d’un couple qui s’aime.
C’est l’histoire d’Anni et Heinz qui cherchent le bonheur et rêvent leur avenir.
C'est une histoire de désir.
C’est l’histoire d’Heinz et Anni qui vont au travail, regardent la télévision, sortent le dimanche, font l’amour…
C’est l’histoire d’un couple qui attend un enfant.
C’est l’histoire d’un couple d’ouvriers qui découvre les limites de ses illusions et de son bien être.
C’est l’histoire d’une prise de conscience.
C'est une histoire de frustration.

Informations sur le lieu

Vingtième Théâtre
7 Rue des Plâtrières
75020 Paris

La presse en parle

Fermement dirigés par Didier Perrier, Mélanie Faye et Laurent Nouzille rendent bien le desarroi des petits gens. Du beau boulot. / L'Obs

Un vrai bon spectacle, touchant et bouleversant / Figaroscope

Beaucoup de justesse et d'intensité / Pariscope

Didier Perrier livre une lecture renouvelée, Mélanie Faye et Laurent Nouzille ont le ton juste. La voix sauvage et délicate de Chantal Laxenaire font de ses chansons d'amour l'âme même de la pièce. / Françoise Josse_LeJDD

Distribution

publié aux éditions
Traduction :
Mise en scène :
Lumières :
Costumes :
Crédit Photo Visuel :

Production la Cie l'Echappée en accord avec Les Déchargeurs / Le Pôle Diffusion

La Compagnie l'Échappée bénéficie du soutien du Ministère de la culture / Drac Picardie, Conseil régional de Picardie, Conseil général de l’Aisne, La Ville de Saint-Quentin (02), Le Palace de Montataire (60), Le Mail – Scène culturelle de Soissons (02), AX'C de Château-Thierry (02), Maison des Arts et Loisirs de Laon (02)

Multimédia

Notes & extraits

LE MOT DE L'AUTEUR

J’écris beaucoup sur moi-même – bien que j’aie longtemps refusé de l’admettre – même lorsqu’il s’agit d’enfants ou de vieillards. Ces personnages me ressemblent bien plus que le gérant, le directeur A ou B, ou le Monsieur de chez Siemens. Ces derniers ne m’inspirent pas ; je trouve ce milieu ennuyeux ; ces types mous avec leurs attachés-cases ne m’intéressent pas. Je n’écris pas sur des choses que je déteste... Les ruines de ma propre existence, faits marquants du déroulement de ma vie, que j’essaie de comprendre et de présenter sous forme de phénomènes sociaux, m’intéressent de plus en plus.

Franz-Xaver Kroetz

LE MOT DU METTEUR EN SCÈNE

Le théâtre m’atteint quand il est porteur d’une vraie langue ; l’écriture de Franz-Xaver Kroetz, comme celle de Mariane Oestreicher-Jourdain, est exigeante artistiquement et offre des propositions de jeu et de mise en scène originales.
Dans son écriture, malgré son scepticisme à l’égard du langage, Kroetz privilégie le côté accessible, populaire de la langue.
Nous allons donc chercher « la matérialité » du texte. Celui-ci doit être le socle sur lequel repose le spectacle : respecter les mots, les phrases, les silences et le rythme initié par l’auteur. Il ne faudra pas se cacher derrière ce texte, mais y ajouter une écriture scénique qui viendra peut-être contredire, amplifier, dialectiser, mettre en perspective l’écriture textuelle et éviter les dangers de la redondance. Nos mots d’ordre : travailler sur la finesse pour donner à voir et à entendre un quotidien à vif porté à l’épreuve de la théâtralité – éviter la désincarnation et la déclamation tout en gardant une certaine distance – garder l’intimité du propos tout en refusant le psychologisme.
Le théâtre de Kroetz a une fonction sociale bien précise : parler du réel en l’interrogeant et en le remettant en question. Il est là pour déranger, pour soulever les consciences. Ses thèmes de prédilection sont la famille, le couple, la sexualité, le travail, le chômage…
Il est l’ici et maintenant.
Cela ne signifie pourtant pas que nous allons traiter Haute-Autriche de manière naturaliste ou réaliste. Notre démarche ne vise pas à reproduire le réel dans un rapport mimétique mais à offrir une vision symbolique voire poétique de celui-ci, d’en fournir une « image » et de rendre cette image la plus concrète et la plus matérielle possible. Pour cela, nous allons mélanger les univers et non les séparer (intérieur/extérieur). Nous voulons créer un univers méta-réaliste qui peut basculer dans le surréalisme.
La scénographie nous permettra de jouer avec la temporalité et la spatialité imposées par les scènes.
Pas de reconstitution mais un espace cherchant à définir une certaine esthétique du bonheur : des panneaux mobiles structurant les différents espaces – sur ces panneaux un traitement photographique de l’intérieur – quelques meubles et accessoires, un ciel au lointain, peut-être quelques projections…
Avec la volonté de rapidité et de fluidité dans les changements.
La lumière sera une manière de conduire le regard. Elle « éclairera » la scène et le point de vue des spectateurs avec une approche cinématographique (cut cinéma, passage au noir entre chaque scène).
La musique originale interprétée en direct sur le plateau soutiendra l’action et accentuera la tension dramatique, avec parfois l’intrusion de bruits étouffés du monde extérieur.
Dans cette comédie dramatique, nous voulons donner à voir et à entendre le quotidien de ce couple qui confond avoir et être, besoin et désir. Dans leur appétit de vie et de sécurité, nos deux personnages, dépendants d'un style d'existence qui les enchaîne, vont approcher la frontière fragile entre choix et soumission. Leur soif d'avenir va se confronter à la frustration constante créée par le contexte social et l'illusion générale du bonheur à consommer.
Nous voulons trouver la chair et l’âme d’Anni et Heinz, dont nous portons en nous quelque chose de leur culpabilité ou de leur mise à nu qu’ils donnent à voir dans leurs instants de vies, leurs crises ; de ces gens d’aujourd’hui qui se parlent, qui s’engueulent, se déchirent, s’apprivoisent parfois, s’aiment… peut-être.

Didier Perrier