François d’Assise

version italienne

Présentation

François d’Assise de Joseph Delteil
Date(s) :
à 19h
Durée : 1h25

Un spectacle qui donne corps et âme aux mots jubilatoires et sensuels de Joseph Delteil. Une presse enthousiaste et bientôt deux cent cinquante représentations! Ici pas de prêche ni de message; juste un moment de vie, fou et joyeux, entre coups de foudre et révoltes, un hymne à la liberté, l’histoire d’un homme, tour à tour poète, guerrier, philosophe, amoureux, un «françoisier qui ensainte les hommes».

La presse en parle

Une habile mise en scène d’Adel Hakim. Robert Bouvier retrace, avec un talent de conteur sans pareil, l’œuvre de Joseph Delteil. / Vaucluse Matin

Une fraîcheur poétique délicieuse. Une intensité physique exceptionnelle. / Le JDD.fr

Distribution

Texte :
Adaptation :
Mise en scène :
Comédien(s) :
Musique :
Lumières :
Assistant décors :
Décors :
Assistant mise en scène :

Coréalisation Les déchargeurs /

Multimédia

Dossier de presse
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Notes & extraits

Mot de l'auteur
Je suis chrétien, voyez mes ailes.
Je suis païen, voyez mon cul.

J’ai appelé ce texte François d’Assise et non pas Saint François. Vous remarquerez que je tiens à cette nuance. Je prétends toujours que tout homme, s’il le veut, peut devenir François d’Assise, sans être saint le moins du monde. J’imagine très bien un François d’Assise laïque et même athée, ce qui importe, c’est l’état d’esprit françoisier et non pas sa place réservée sur un fauteuil doré dans le paradis. Il faut un saint «utilitaire», un saint qui «ensainte» les hommes. Nous vivons une époque cruciale de l’Histoire, c’est un véritable match entre l’histoire et la nature. D’un côté une redoutable accélération industrielle, une montée en flèche de la civilisation atomique et de l’autre une fragile levée de sève ça et là dans le vaste monde, un appétit soudain de grand air, de soleil. L’humanité bureaucratique, métallique, aspire de nouveau à sa chair, elle veut se dénuder, prendre la clé des champs. François est de notre époque, il porte notre étendard. Ce qu’il rejette, en rejetant les grosses bâtisses de son temps, c’est les gratte-ciel d’aujourd’hui, ce qu’il bafoue en chantant la sainte ignorance, c’est notre froide intellectualité. Tout cela annonce un vaste mouvement de reconquête de la nature à la françoise. La civilisation moderne, voilà l’ennemi. C’est l’ère de la caricature, le triomphe de l’artifice, tout est falsifié, truqué, pollué. La nature est dénaturée. Voyez ces paysages métallurgiques, l’atmosphère des villes corrompues, les oiseaux infectés d’insecticides, les poissons empoisonnés par les déchets nucléaires, la levée des substances cancérigènes, partout la vitesse hallucinante, le tintamarre infernal, le grand affolement des nerfs, des cœurs, des âmes… Je ne m’adresse pas seulement au catholique mais à l’honnête homme de toute race et de toute religion: chrétiens, agnostiques, communistes, athées, blancs, rouges, afroasiatiques, etc… Tout homme peut être franciscain, peut-être «françoisier», sans croire à la sainteté de François. Drôle de Saint, dites-vous. J’avoue en tout cas que j’ai écrit ce texte dans une folle émotion tantôt criant de joie, tantôt ruisselant de larmes. Je crois au panthéisme, à cette respiration du corps accordée à celle du cosmos, cette foi, bras écartés, aux dimensions de Grand Tout. S’unir à la nature et à la divinité, c’est accroître le sens de l’homme jusqu’à l’absolu. Se fondre et s’incorporer dans l’univers, c’est devenir soi-même l’univers.
Joseph Delteil

Note du Metteur en Scène
Peut-on représenter François d’Assise dans un théâtre fermé? François a besoin de la nature, des arbres, des sensations de l’air, du fumier, des fleurs, de l’herbe, de la rondeur des filles, du grondement du tonnerre et de la caresse de la pluie pour exister. Alors dans un théâtre fermé, comment reproduire cela? Le pari est risqué. Bien sûr, il y a les mots de Joseph Delteil. Foisonnants, jaculatoires, ils éveillent les sensations. Et puis, il y a le théâtre lui-même. Avec ses effets. Tout simples. Si pauvres comparés à la Nature. «Pauvreté», «simplicité», voilà des mots à la Saint-François. Le théâtre est le lieu où une ampoule colorée évoquera la fête; où la même ampoule, cassée, évoquera la tragédie ou la mort; où une musique racontera un pays, un bout de tissu, le ciel, un projecteur de 500 watts, la lune, quelques poignées de sable, la plage. Le théâtre est un lieu où l’émerveillement est possible. Comparable à l’émerveillement de François devant la nature. Enfance, croyance, voyance. Pas étonnant alors qu’un acteur puisse parler aux oiseaux. Et que ces oiseaux soient les spectateurs. Question de foi, de conviction. Un jeune homme est là – saint ou acteur, peu importe – et il a quelque chose à dire. Des gens viennent, écoutent. Ils peuvent rester ou partir, adhérer ou s’irriter, applaudir ou huer. Ici, pas de message, pas de prêche, pas de provocation. Juste un moment de vie, fou et joyeux, une vision sur les choses, un rire ensemble, une larme versée, une question posée à propos de la mort, un plaisir partagé quant à l’existence physique des corps, de l’amour, de la sensualité. L’expérience mystique, c’est quoi? Un développement suraigu de l’imaginaire, développement si puissant que les visions deviennent réalité, que la parole devient chair. La vision mentale – mais précise – des plaies du Christ sur sa croix produit les stigmates. Imaginaire et physique. Comme l’acteur. Tout cela dans le but de glorifier la mort tout en l’exorcisant. La faire cohabiter avec la vie. Il y a décidément du modèle pour les gens de théâtre dans François d’Assise.
Adel Hakim