François d’Assise

Joseph Delteil

Ici pas de prêche ni de message ; juste un moment de vie, fou et joyeux, entre coups de foudre et révoltes

Présentation

François d’Assise de Joseph Delteil
Date(s) :
à 19h
Durée : 1h30

Depuis plus de 20 ans (et plus de 400 représentations), Robert Bouvier donne corps aux mots jubilatoires et sensuels de Joseph Delteil. Un hymne à la liberté. L’histoire de François d’Assise qui, pour Delteil, aurait très bien pu être laïque et même athée. Un homme de chair, tour à tour poète, guerrier, philosophe, amoureux, et qui ensainte les hommes.

La presse en parle

Une habile mise en scène d’Adel Hakim. Robert Bouvier retrace, avec un talent de conteur sans pareil, l’œuvre de Joseph Delteil. / Vaucluse Matin

Une fraîcheur poétique délicieuse. Une intensité physique exceptionnelle. / Le JDD.fr

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Dossier de presse
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Notes & extraits

Mot de l'auteur

J’ai appelé ce texte François d’Assise et non pas Saint François. Vous remarquerez que je tiens à cette nuance. Je prétends que tout homme, s’il le veut, peut devenir François d’Assise, sans être saint le moins du monde. Ce qui importe, c’est l’état d’esprit françoisien et non pas sa place réservée sur un fauteuil doré dans le paradis. Il faut un saint utilitaire, un saint qui ensainte les hommes.

Nous vivons un véritable match entre l’histoire et la nature. D’un côté, une redoutable accélération industrielle, une montée en flèche de la civilisation atomique et de l’autre, une fragile levée de sève ça et là dans le vaste monde, un appétit soudain de grand air, de soleil. L’humanité bureaucratique, métallique, aspire de nouveau à sa chair, elle veut prendre la clé des champs.

Joseph Delteil

Note du Metteur en Scène

Ce qui est remarquable avec François d’Assise c’est que, contrairement à la plupart des mystiques, il ne se coupe pas des réalités matérielles. Pour lui, l’ordre, le fonctionnement du monde devient objet d’explication, de Note de mise en scène révélation, de joie parfaite. François n’est pas désengagé de la vie. Il s’y plonge pleinement. À partir du constat réaliste dépourvu d’amertume, de rancoeur ou de dénonciation – du spectacle du monde avec sa violence, ses guerres, ses maladies, son carnage universel – autant de versions de ce que l’on pourrait appeler le “ mal ”, mais que François n’appelle pas ainsi et qui existent au même titre que l’amour, la tendresse, la jouissance, la beauté, la douceur, etc… et Dieu – à partir donc de cette description de chaque chose, François trouve lui-même, et tout simplement, sa propre place.

Loin d’être une retraite, une tour d’ivoire ou une position d’effacement, c’est une place en harmonie avec l’univers. Car la vision de François est grande et d’après lui, chaque être porte en soi la grandeur du cosmos. Quant aux énergies violentes de la nature et de la société, elles ne sont pas contrées. Elles sont utilisées et transformées par François pour s’élever jusqu’à la plus grande dignité humaine. Et c’est précisément cette recherche de la dignité qui nous rend aujourd’hui si précieux.

Adel Hakim

Extraits Texte

Dans cette ville d’Assise (…) où, parmi chiens chiennant et mouches mouscaillant, parmi pigeons à pied, chats et mules, grouillent, jacassent, trottent, pleurent, rient de drôles de créatures brassues et pattues, mi-insectes, mi-mammifères : les hommes quoi !…

Il y a donc le soleil, c’est évident, il soleille… le soleil « large comme un pied d’homme » (Héraclite)…il fend le ciel, il saute de montagne en montagne, il enjambe la rivière, il baise le toit… il y a cet innombrable firmament de toutes parts comme l’âme de l’homme, épais et cru comme la pulpe de la genèse, allègre et fou comme un papillon bleu… il y a ces continents entiers partagés et départagés en presqu’îles, alpages et nations, avec leurs mamelles de mers… il y a les grands fleuves mondiaux à grosses eaux marchandes, et puis tout à coup dans le recoupement des ères un ruisselet préhistorique et nouveau-né qui rit et chante sur la mousse…

Mes frères les oiseaux, vous roitelets plus augustes que des rois, vous pintades et vous brune tribu des pinsons, et vous oies, ô ouailles, et vous aussi (pourquoi pas) antiques chouettes au grand nez, vous pies et vous pics et vous bandes de grandes grues et vous petits poussins en chocolat de couleur…

Oiseaux, copeaux de vie envolés de la varlope du Charpentier du monde, parcelles de substance aristocratique, molécules d’être, points d’espace, oiseaux, pollens vivants, véhicules des germes et des causes, lignes d’anges, choeurs de coeurs.

Je vois à l’oeil nu chaque plaie, les cinq plaies, chacune à sa place et dans tout son éclat, à chaque paume le trou du clou tout éclaboussé de grosses gouttes violâtres et d’amas vermillons, un épais clou d’artisan à bout carré… les deux pieds sont cloués ensemble l’un sur l’autre, par économie, un énorme clou comme une broche à boeuf, planté obliquement à travers les métatarses, tout un chaos de chair.