Démons

Lars Norén

Présentation

Démons de Lars Norén
Date(s) :
Dimanche
à 18h30
Durée : 30 minutes

Ils ne peuvent plus vivre ensemble. Ils ne peuvent pas ne pas vivre ensemble. Qu'ils se frappent ou s'embrassent n'a pas d'importance

La pièce se déroule dans un appartement bourgeois, moderne. Frank et Katarina, mariés depuis neuf ans, y vivent. Frank vient de perdre sa mère. Ce décès va détériorer des rapports déjà conflictuels. Chaque mot va devenir pour l’un une occasion d’abîmer l’autre. Nous assistons à la naissance d’un amour destructeur et violent. Et comme pour mettre en scène leur drame ils vont avoir l’idée d’inviter deux témoins, leurs voisins, Jenna et Tomas.

"Ce à quoi vous allez assister n’est pas une «performance», mais l’état actuel de notre inspiration devant Démons. Cet état «primitif» est constitué d’impressions, de mouvements, de couleurs et de rythmes. Il est comme un dessin d’avant la toile, il n’en restera peut être rien." Matthieu Dessertine

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

Distribution

Texte :
Adaptation :
Lumières :
Assistant décors :

Production Collectif Pampa / Ma nuit au Club / Les Déchargeurs Le Pôle Buro

Notes & extraits

Comment l’acteur rencontre son personnage ? Notre travail durant cette première résidence pourrait se résumer par cette question. Une tentative : aller vers cet imaginaire, ce lieu où ils pourraient se rencontrer.

J’aimerais que nous passions par des déflagrations, par cet état de vide constitutif de la première approche. Dans mon expérience d’acteur j’aime de plus en plus traverser cette angoisse inhérente au premiers temps des répétitions... «Je suis perdu. Le personnage est loin de moi.» C’est là que tout commence. Dans la douleur d’un doute épais. L’acteur, à chaque fois, entre dans le doute. S’il vient vraiment avec son corps et son esprit... Il rencontre une langue, un corps étranger. Une matière sinueuse devant lui et en lui. C’est le moment ou le paysage, le rêve peuvent se rencontrer si l’acteur accepte de ne plus rien savoir.

Nous devons faire une confiance absolue en notre imaginaire. C’est en lui que se situent nos possibilités originelles de vie. L’acteur, instinctivement, le sait. Mais, souvent, pour qu’une «confiance» s’établisse entre lui et les autres (partenaires, metteur en scène), l’acteur simplifie. L’efficacité est son démon. Il va vers ce qu’il croit savoir faire. Et le metteur en scène acquiesce. Au lieu d’accepter ensemble notre impuissance, nous voulons nous prouver que nous maîtrisons le vivant, que nous avons appris à le dompter, à le créer. Et nous avançons alors joyeusement vers notre perte. Un théâtre sans chair et sans débordements. Un théâtre d’exécutants. Et la vie, elle, est loin. Là où nous avons enseveli notre capacité de rêve.

Le travail que j’ai voulu mener pendant ce premier temps de répétition est celui d’une amorce de dialogue entre nous et la pièce. Inventer une atmosphère, un délire vers celle-ci. Une expérience commune qui nous fait dire : «nous faisons le même saut dans l’inconnu».

L’écriture de Norén appelle cet effacement total de nos facilités, de toutes nos virtuosités. Elle parle par l’inconscient, elle déborde de signes, de microcosmes de pensées, elle ne cesse de broyer l’idée d’un sujet linéaire, elle joue avec les codes du théâtre bourgeois pour mieux l’ensevelir sous les imprévisibles failles de l’âme humaine.

Je crois que l’acteur ne peut jouer que dans cet état où il accepte que circulent en lui son rêve et le rêve de l’autre. Le mélange de ces forces peut provoquer ce que nous cherchons tous sur scène : la tension du jeu. «Tension» car des puissances s’accrochent, dialoguent et parfois, magiquement, fusionnent. Et dès lors peut survenir l’inattendu, ces instants de jouissance où l’acteur est en vie.

Ce à quoi vous allez assister n’est pas une «performance», mais l’état actuel de notre inspiration devant Démons. Cet état «primitif» est constitué d’impressions, de mouvements, de couleurs et de rythmes. Il est comme un dessin d’avant la toile, il n’en restera peut être rien.

Matthieu Dessertine