Clouée au sol

George Brant

Présentation

Clouée au sol de George Brant
Date(s) :
du 4 oct 2016 au 26 nov 2016
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 21h30
Durée : 1h15

Voilà qui j’étais devenue grâce à ma sueur, à mon cerveau, à mes tripes

Une femme pilote qui n’a pas de nom, qui s’est construite à force de courage et de volonté avec pour seul objectif : devenir pilote de chasse pour l’US Air force. Une rencontre de hasard, une grossesse accidentelle, mais acceptée avec joie. Puis l’appel du ciel qui se fait de plus en plus irrésistible. Quand elle se présente pour reprendre du service, c’est un drone quelle devra désormais piloter depuis une base militaire située à Las Vegas. La réalité de la guerre est bien là et malgré le danger de mort écarté, la frontière qui sépare sa vie de famille et la guerre devient de plus en plus poreuse. Enfermée dans une prison pour désobéissance, elle redécouvrira son humanité.

Prix Lucille Lortel du Seul en scène pour Grounded (Clouée au sol), interprétation Anne Hathaway.
Grounded was first produced in a rolling world premiere by SF Playhouse (California), Borderlands Theater (Arizona), and Unicorn Theater (Missouri) as part of the National New Play Network’s Continued Life program.

L’auteur est représenté par Renauld & Richardson dans les pays francophones (info@paris-mcr.com) en accord avec The Gersh Agency, NY (Etats-Unis)
La traductrice est représentée par Renauld & Richardson pour le monde entier

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

La comédienne Pauline Bayle, absolument convaincante dans ce texte d'une rare densité. Une performance d'actrice / Causette

Un monologue fascinant porté par l'interprétation au cordeau de Pauline Bayle. Comédienne aussi talentueuse que courageuse. C'est un Stradivarius. Une performance à voir absolument ! / L'Express

Un jeu d'une belle intensité qui porte le regard loin et l'imagination aussi. Une performance mise en scène par Gilles David qui fait résonner le travail de Pauline Bayle sur et derrière le plateau / Mouvement.net

Distribution

Texte :
Traduction :
Mise en scène :
Comédien(s) :
Musique :
Lumières :
Décors :
Assistant mise en scène :
Costumes :

Production Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion

Le spectacle reçoit le soutien de l’association des élèves et des anciens élèves du Conservatoire national supérieur d’Art dramatique.
Le texte a été mis en espace et lu par Marie Rémond dans le cadre du 25e anniversaire de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale, à la Chartreuse, Centre national des écritures du spectacle, à Villeneuve-lez Avignon, le 17 juillet 2016.

Avec le soutien de :

Multimédia

Notes & extraits

Mot du metteur en scène
Le personnage de Grounded a évolué et évolue dans un univers où l'acuité visuelle doit être clinique et opéré de façon chirurgicale. Etre constamment en regard, dans le viseur. Toute la confiance est donnée au visuel. Visuel encore quand on ne peut communiquer verbalement, l'espace aérien est assourdissant volontairement agressif et dissuasif. A la suite de sa grossesse c'est désormais au sol, dans un caisson, qu'elle va maintenant conduire ses frappes. A présent par l'usage du drone, l'aviation est muette et l'attaque est plus perverse encore. L'image monochrome et mate de l'écran remplace ce paysage devenu déjà mort et détruit avant la frappe. Deux gros caissons de fréquences basses composeront l'espace dont le sol sera matiéré, évoquant le sol craquelé du désert. Ces deux éléments phoniques renvoient très directement à son ancien univers des avions de chasse. Ces caissons même muets sont très sonores. Leurs tailles nous renseignent sur l'énorme portée et dégâts potentiels qu'ils peuvent infliger. En ce sens, cet objet revêt les mêmes qualités qu'une bombe stocké sur de petits chariots avant d'être équipés sur les avions. Le travail sonore portera sur cette diffusion mais pas uniquement et l'espace sera traité de façon à créer des qualités acoustiques propres à interroger la dramaturgie même de la pièce.
Gilles David

LE POURQUOI DU COMMENT / GILLES DAVID
Comment ce texte est-il arrivé jusqu’à vous ?
J’appartiens au comité de lecture d’écriture contemporaine de Pont à Mousson. C’est à cette occasion que j’ai eu connaissance de ce texte. Le sujet très actuel (les frappes de drones) ainsi que la force, la structure, le rythme, l’économie du langage et la forme théâtrale mon immédiatement séduit. Et vous décidez de le monter… Je suis très sensible aux différentes formes théâtrales. C’est un texte très structuré avec beaucoup de retours à la ligne, des phrases courtes et des paragraphes qu’il faut dire sur un seul souffle. C’est une matière théâtrale très gymnique, qui est de l’ordre de la performance. Un corps à corps entre l’acteur et le texte. Nous assistons à l’évolution du personnage, dans cette avancée, au présent du texte. L’histoire se raconte de manière dynamique, laissant la place à toute la gamme des émotions. Le public se fait le confident de la pilote. Rendre compte de cette expérience de vie, c’est aussi pour l’interprète du rôle vivre un voyage et une expérience théâtrale partagée avec le public.
Quel est le voyage intérieur de cette femme au parcours étonnant ?
C'est l'histoire d'une femme pilote qui s'est construite à force de courage et de volonté pour exister au sein de l'US Air Force. A la suite d'une rencontre amoureuse, elle lâche les commandes le temps de mettre au monde son enfant. Les mois passent et l'appel du ciel se fait de plus en plus pressant. Mais quand elle se présente pour reprendre le service, c'est un nouvel appareil qu'on lui confie : plus de ciel, fini l'ivresse de la vitesse, la sensation de toute puissance... Désormais c'est un drone qu'elle devra piloter.
Ce qui bouscule son rapport au monde ?
Dur de renoncer au bleu du ciel pour plonger dans le gris d'un écran. Envoyée faire la guerre au Moyen Orient depuis une caravane climatisée prés de Las Vegas, douze heure par jour, elle devient un œil tout puissant, quasi divin, surveillant le désert prête à exécuter sur le champ les « cibles » désignées. Puis le soir elle rentre dans son foyer voir sa fille dormir en paix. Mais la guerre, c'est la guerre, et celle-ci, malgré le mythe du risque zéro, danger de mort écarté, s'avère plus dévastatrice pour la pilote. Son espace mentale bascule, la frontière entre ses deux vies-famille la nuit, guerre le jour, devient poreuse. Aller à la guerre comme on va au bureau et rentrer à la maison le soir est un prix lourd à payer. Les deux déserts, celui dans lequel elle vit et celui qu'elle scrute à l'autre bout du monde, finissent par se confondre, et l'humain ressurgit.
Comment c’est fait votre rencontre avec le théâtre Les Déchargeurs ?
Mon agent, Marie Duchanoy, qui connaissait Ludovic Michel, le directeur du théâtre Les Déchargeurs, lui a fait parvenir la pièce. Ce dernier a été séduit par la force du texte. Dominique Hollier qui signe la traduction et qui, par ailleurs, est mon assistante sur ce projet, a fait le lien entre Ludovic Michel et l'auteur George Brant, qui a été convaincu par le projet et par le théâtre Les Déchargeurs. Il a trouvé que c’était un bel endroit dans son rapport scène/salle pour faire exister son texte.
Comment allez-vous traiter ce monologue ?
Il s'agit avant tout de faire entendre l'écriture. Le jeux prend appuie sur la typographie du texte : les retours à la ligne, les espaces entre les blocs et le rythme inscrit dans l'écriture. C'est à partir de cette structure que l'actrice va trouver sa propre respiration. La scénographie est épurée afin que le spectateur puisse se concentrer uniquement sur le voyage intérieur de cette femme. La lumière et le son, également présents, permette d’accompagner le paysage mental de la pilote.

Marie-Céline Nivière
Conseillère éditoriale, Les Déchargeurs / Le Pôle

« Je ne voulais plus jamais l’enlever
Plantée devant le miroir
Moi avec cette tenue
Je l’avais gagnée
Ça c’était moi, maintenant
Voilà qui j’étais, voilà qui j’étais devenue
grâce à ma sueur, à mon cerveau, à mes tripes
Ça c’est moi »