Présentation

Chinoiseries d' Evelyne de la Chenelière
Date(s) :
du 10 mar 2016 au 8 mai 2016
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
à 19h30 et dimanche 15
Durée : 1h10

Deux voisins de palier, Mme Potée et M. Chiton. Mme Potée aime se brider les yeux pour apparaître telle une chinoise. M. Chiton souffre d’une tare familiale : on ne le remarque jamais. Ils vivent seuls, aimeraient bien se rencontrer, pourquoi pas s’aimer. Alors ils se tournent autour, s’épient, se croisent dans l’ascenseur. Mais y a-t-il un ascenseur dans l’immeuble ? D’ailleurs sortent-ils de chez eux vraiment ? Chez Madame Potée un drôle de truc traîne dans le placard. Et Monsieur Chiton a dû trop regarder Psychose. Ainsi va ce couple d’un genre inédit, de coups croisés en coups manqués. Jusqu’au jour où Mme Potée décide de tenter le tout pour le tout en s’envolant vers M. Chiton.

Informations sur le lieu

Vingtième Théâtre
7 Rue des Plâtrières
75020 Paris

La presse en parle

On rit de cet empilement de situations ubuesques. / Scene Web

Christine Murillo et Jean-Claude Leguay composent ici un couple monstrueux et émouvant. Nabil El Azan a su mettre en scène cette pièce atypique, et d’une grande liberté de ton, en impulsant chez les acteurs un jeu tout en finesse. / Théâtre du Blog

La situation est drôle, propice à une pièce à la fois touchante et absurde. Une situation invraisemblable et un jeu joyeusement caricatural. / Théâtral Magazine

Distribution

Mise en scène :
Lumières :
Décors :
Assistant mise en scène :
Costumes :
Crédit Photo Visuel :

Coproduction La Barraca, theatre monde / Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion

Cie La Barraca, le théâtre monde reçoit le soutien de la Drac-Île de France et la participation artistique du Jeune théâtre national. Le spectacle reçoit le soutien de la Spedidam

Avec le soutien de :

Multimédia

Notes & extraits

MOT DE L'AUTEUR

L’histoire est simple : Monsieur Chiton et Madame Potée, voisins d’étages, vivent chacun dans la plus grande solitude, et semblent faits l’un pour l’autre. Ils se croisent tous les jours, et pourtant ils n’arrivent pas à se rencontrer. Je voudrais que Monsieur Chiton ait les bras un peu trop longs. Il a la cinquantaine, mais ses bras lui donneraient un peu l’air adolescent. Je voudrais que Madame Potée porte des tenues extravagantes jurant avec sa timidité, donc des vêtements très colorés, avec des motifs chinois. Elle aussi a la cinquantaine. Leur isolement est entre autres symbolisé par la singularité de leur apparence, de leurs habitudes, de leur façon de se déplacer, de manger, de parler, de penser.

Monsieur Chiton et Madame Potée sont des étrangers. Cependant, j’aimerais qu’il y ait sur scène des images très claires d’une intimité mystérieuse entre eux. Des brèches. Presque des accidents. Comme s’ils s’inventaient des souvenirs d’une vie commune qu’ils auraient eue. Ainsi ils peuvent vivre devant nous des instants dont on devine tout un passé commun, une connaissance pointue de l’un et l’autre, sans qu’on puisse identifier clairement s’il s’agit d’un fantasme, d’une projection dans l’avenir, ou encore d’un jeu qu’ils s’inventent. J’aime, autrement dit, que l’intimité côtoie l’anonymat. Ils sont des anonymes, des étrangers, intimes malgré eux.

Évelyne de la Chenelière

NOTE DU METTEUR EN SCÈNE

Ce qui séduit d’emblée dans Chinoiseries, c’est sa proposition formelle. La pièce ne ressemble à rien de connu. Tout y est décalé, distordu, inédit. Les personnages d’abord, avec leur allure tout droite sortie d’une fantasmagorie de bande dessinée. Cette façon de parler d’eux à la troisième personne, comme des récitants d’eux-mêmes, puis de revenir au je, comme si de rien n’était. Leur discours ensuite, nerveux, ramassé, tout à la fois familier et étrange. Leurs actes hilarants, inattendus, voire fantastiques. La situation enfin (si tant est que l’on puisse mettre un terme final à quoique ce soit ici) : voilà deux êtres de ce monde, si loin de nous, si proches, qui se « collent » l’un à l’autre, qui se parlent, qui se touchent, mais sans jamais se rencontrer ! Rien que pour ça, il y a de quoi mettre en appétit le metteur en scène (tordu) que je suis. Voilà une sacrée équation à résoudre en effet, comment se voir et se toucher sans se rencontrer ? S’il n’y avait que cela ? Mille et un autres casse-tête (chinois) à résoudre dans cette pièce gigogne et bouffonne à la fois, où démêler le vrai et le faux n’est pas qu’une problématique métaphysique. Mais proprement scénique.

Avec la Mumu (Christine Murillo que je retrouve avec bonheur après Les Pâtissières) et Loulou (Jean-Claude Leguay que je guette depuis un bon moment sur les scènes), deux acteurs rompus au jeu décalé donc, nous allons nous confronter à la démesure de ce couple infernal, extraordinairement ordinaire.

Nabil El Azan

EXTRAITS

Chiton. Excusez-moi... mais vous êtes assise sur moi...
Potée. Oh mon Dieu ! Pardon ! Mille excuses ! Je... je ne vous avais remarqué... je suis désolée, je suis tellement distraite, je... il m'a semblé que la place était libre...
Chiton. Peut-être désirez-vous vous asseoir près de la fenêtre ?

Chiton. Eh bien tu t'es dégagé du mauvais côté. Tu t'es mis à gauche alors qu'il faut tenir sa droite, dans un escalier. Quand on se retrouve face à quelqu'un qui monte tandis qu'on descend, ou l'inverse, chacun tenant sa droite évite de faire ce face à face grotesque dont vous nous avez affligés en vous dandinant comme deux oies indécises pendant trois minutes.

Potée. ... Je vous appelle d'une cabine parce que je n'ai pas le téléphone. Une fois j'en ai eu un, et puis je n'ai pas su à qui donner mon numéro de téléphone, je ne connaissais aucun individu susceptible de composer mon numéro de téléphone, alors j'ai fini par oublier mon numéro de téléphone, et puis je n'ai pas osé rappeler la compagnie de téléphone pour leur demander de me rappeler le numéro de téléphone qu'ils m'avaient attribué, afin que je le note à nouveau, alors au bout d'un temps je me suis dit : à quoi bon payer une ligne téléphonique si j'ai oublié mon propre numéro de téléphone ? Oui, donc, je me demandais comment vous alliiez vous y prendre pour vous excuser et me supplier de revenir, étant donné que vous ne pouvez pas m'appeler. Je veux bien consentir à vous appeler moi-même tous les jours, c'est la solution que j'entrevois. Comment ? Vous n'avez pas l'intention de vous excuser, ni de me supplier de revenir ? Allo ? Le chien !

Chiton. Je ne comprends rien ! Êtes-vous en danger ?
Potée. Non ! Je ne suis pas en danger ! Et vous, êtes-vous en danger ?
Chiton. Non ! Je ne suis pas en danger !
Potée. Ah.
Chiton. J'ai pourtant cru que vous étiez en danger !
Potée. Pardon ?
Chiton. Mais puisqu'elle te dit qu'elle n'est pas en danger (à Madame Potée) Quoi ?